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L'agressivité chez le chat

L’agressivité du chat, envers son propriétaire ou les autres membres de la famille (humains ou animaux), arrive juste après la malpropreté dans la liste des troubles comportementaux nécessitant une visite chez le vétérinaire et est souvent une cause d’abandon, voire de demande d’euthanasie. Il est indispensable de réussir à déterminer l’origine du problème pour adopter la bonne solution.

 

 

Comment définir l’agressivité ?

L’agression est un comportement normal allant de la menace et l’intimidation jusqu’au combat. L’agressivité (selon la définition des vétérinaires comportementalistes) est un état réactionnel dans lequel un individu a tendance à produire des comportements d’agression. C’est une séquence comportementale qui a pour résultat d’obliger un autre individu à rester à distance, soit spatialement, soit socialement. Elle possède, comme toute séquence comportementale, 3 phases qu’il est important de reconnaître : la phase de menace qui a pour but d’intimider, la phase consommatoire (morsure, griffure) et la phase d’apaisement.

L’agression devient un trouble du comportement (en terme médical) à partir du moment où cette séquence s’intensifie ou se désorganise, l’animal attaque alors sans menace.

Des agressions « normales », incomprises par les propriétaires, sont souvent mal vécues. Ce que les propriétaires ressentent en effet comme de l’agressivité est très variable en fonction de leur degré de tolérance et de celui du chat : certains propriétaires s’offusquent d’agressions « justifiées » alors que d’autres supportent d’être parfois  « martyrisés » par leur chat.

Quelles sont les postures de menace chez le chat ?

En phase de menace, les mimiques du chat sont très variables, pas forcément superposables et changent très rapidement en fonction de la réponse de l’agresseur. On distingue plusieurs types de postures : la posture offensive, la posture d’intimidation et les postures défensives.

  • La posture est offensive lorsque le chat est sûr de lui et prêt à l’attaque. Il a le dos droit, l’arrière-train légèrement surélevé, les poils du dos se hérissent depuis le milieu du dos jusqu’à la queue, le bout de la queue bouge de manière saccadée.
  • La posture est d’intimidation lorsque le chat souhaite juste un espacement (ou a la possibilité de l’imposer à l’autre). C’est l’attitude caractéristique du chat « en colère » : dos arqué, pelage gonflé pour paraître plus imposant, marche en crabe, queue dressée et ébouriffée, oreilles droites, feulements et grondements puissants.
  • Les postures défensives sont de 2 types selon l’état émotionnel du chat :
  1. la posture de rupture si le chat se résout au conflit « armé » : chat sifflant et crachant, poils hérissés, couché complètement sur le côté pour extérioriser ses armes (crocs et griffes) ;
  2. la posture basse : chat s’aplatissant pour protéger sa nuque.

 

Les principaux types d’agression

Le chat possède un champ d’agression qui est une zone centrée sur son corps ; le franchissement de ses limites déclenche une agression. La particularité de ce champ d’agression est qu’il varie en fonction de l’état émotionnel ou physiologique du chat (douleur). Pour un chat bien socialisé, ce champ est plus petit que lui-même et il se laisse facilement manipuler, pour d’autres, le champ occupe quasiment tout son corps et il ne se laisse toucher que la tête. Ce champ se dilate très vite lors de peur ou de douleur, d’où les réactions parfois violentes d’un chat pourtant « gentil » chez le vétérinaire.

 

  • Agression liée au territoire

Agression territoriale

En dehors des périodes de reproduction, les chats et les chattes non stérilisé(e)s n’acceptent pas d’intrus sur leur espace personnel. Chez les chats stérilisés, le comportement de défense du territoire varie selon le degré de socialisation : certains chats fuient directement devant un ennemi, d’autres ont d’abord un temps d’observation avant de décider entre la fuite ou l’agression. Enfin, certains chats acceptent de partager leur territoire avec leurs « amis » ou dans le temps et l’espace (fréquent en appartement : un chat a accès au canapé le matin et l’autre l’après-midi par exemple).

Anxiété de cohabitation

L’agressivité peut également être liée à un problème de surpopulation féline, créant une compétition pour l’accès aux ressources (nourriture, eau, litière, jeu, postes d’observation, etc.).

  • Agression liée au jeu

Les propriétaires considèrent souvent ce type d’agressivité comme normale, lié à l’instinct de chasseur du chat.

Jeu inapproprié

Ce sont des chats qui ne « savent pas jouer », ils griffent et mordent pendant le jeu. Ce trouble est fréquent chez des chatons orphelins élevés sans adulte régulateur ou chez des chatons sevrés trop tôt. Les propriétaires qui laissent le chaton jouer avec leurs mains ou leurs pieds, ou qui se laissent griffer et mordiller sans réagir, peuvent aussi induire ou amplifier ces agressions.

Anxiété du chat en milieu clos (ou aploubiotopathie)

Les chats « jouent » à attaquer leur maître, comme ils le feraient avec une proie : ils se placent en embuscade, plaqués au sol, et sautent sur la jambe qui passe à leur portée. En général, l’attaque consiste en une morsure et des griffures (les chats serrent la jambe entre leurs pattes). Ces attaques sont souvent crépusculaires et associées à un état d’anxiété intermittent. Cette affection se développe chez des chats vivant en milieu hypostimulant (vie en espace confiné, absence de jouets…), les gestes des propriétaires constituant alors leurs seules distractions.

  • Agressions par irritation et frustration

Agression par douleur ou maladie

Outre les affections douloureuses (comme l’arthrose), une encéphalite, un trouble vasculaire cérébral, un problème endocrinien ou une maladie hormonale comme l’hyperthyroïdie peuvent être associés à une irritabilité du chat plus importante. Le chat peut également perdre ses autocontrôles après une crise nerveuse (type épilepsie).

Agression par intolérance au contact (chat caressé mordeur)

Les propriétaires de chat sont souvent surpris par cette agression : ils font des caresses et des câlins au chat et tout à coup, celui-ci se retourne et mord la main qui le caressait… Il s’agit de chat dont le niveau de tolérance tactile est extrêmement bas (il supporte les caresses « jusqu’à un certain point »). Le propriétaire doit détecter les signes précurseurs pour stopper les caresses : le chat fait un petit mouvement de la queue, la peau de son dos roule, ses oreilles se plaquent, ses pupilles se dilatent, il se raidit et attaque puis s’en va.

Agression liée à la faim (syndrome du tigre)

Cette agressivité envers le propriétaire se manifeste de deux façons : le chat se met en embuscade et saute sur son propriétaire pour le mordre ou le griffer (agression par prédation) et/ou le chat s’énerve pendant la préparation du repas et feule, griffe ou mord quand son propriétaire lui donne sa gamelle (agression par irritation). Ces attaques sont souvent crépusculaires et liées à un mode de distribution alimentaire inapproprié.

  • Agression redirigée

Cette agressivité est difficile à identifier dans la mesure où le chat s’attaque à une cible qui n’est pas la cause de son énervement et que celle-ci n’est pas toujours évidente pour le propriétaire. Il peut s’agir d’une odeur, d’un son, du passage d’un autre chat dans le jardin… qui déplait au chat, qui agresse alors ce qui est à sa portée (le propriétaire en train de le caresser par exemple). Le problème est que le chat peut ensuite associer la cible au stimulus déclencheur et se montrer agressif envers la cible même sans stimulus déclencheur (« généralisation »).

Agressions par peur

Ce sont des agressions violentes qui se produisent lorsqu’un chat est en situation fermée, sans possibilité de fuite, face à une situation anxiogène pour lui.

Y a-t-il des solutions faciles à mettre en œuvre ?

  • Un déconditionnement est possible dans certains cas d’agressivité. Il faut d’abord stopper la séquence (utiliser un pistolet à eau ou air comprimé ou un sifflet) puis rediriger le comportement agressif du chat en lui lançant une balle, une boulette de papier.

 

  • Correctement utilisées (une explication par un professionnel est nécessaire), les phéromones d’apaisement et de socialisation donnent de bons résultats. Elles s’appliquent sur les mains (homme) ou sur les flancs (autres animaux) ; le chat agressif les reconnaît comme des « amis ».

 

  • Il est indispensable de consacrer du temps pour jouer avec le chat. Il existe également des jouets avec lesquels le chat peut s’occuper lorsqu’il est seul. S’il n’a pas accès à un jardin, l’aménagement d’un poste d’observation afin qu’il puisse regarder ce qui se passe à l’extérieur est nécessaire et obligatoire. Le chat délaisse rapidement ses jeux, il faut lui en proposer régulièrement de nouveaux (un jour une ficelle, le lendemain un bouchon, puis une balle de ping-pong, etc.).

 

  • La qualité de l’alimentation semble essentielle dans le contrôle de l’agressivité. Les chats sont des carnivores stricts et leur alimentation doit contenir au moins 30 % de protéines (de bonne qualité pour être digestibles), dont au moins la moitié d’origine animale. Certains cas d’agressivité se résolvent avec le passage à une alimentation de bonne qualité, riche en protéines. Certains scientifiques soupçonnent même qu’une carence en tryptophane (précurseur de la sérotonine, molécule « apaisante » du cerveau) puisse expliquer l’agressivité.

 

  • Il est préférable que l’alimentation soit distribuée en libre-service ou grâce à des distributeurs ludiques (bouteilles trouées pour laisser passer les croquettes lorsque le chat la fait rouler, planche sur laquelle sont fixés des rouleaux en cartons de taille différente dans lesquels sont disposées quelques croquettes que le chat doit aller attraper avec sa patte). La ration alimentaire des chats stérilisés est mesurée, et non distribuée à volonté, pour éviter toute prise de poids.

 

  • Si plusieurs chats vivent ensemble, il faut veiller à ce que chacun ait accès à la nourriture, à l’eau et à la litière, la compétition pouvant expliquer l’agressivité.  

La socialisation (envers les autres chats, les chiens, les autres animaux, l’homme…) et la tolérance aux contraintes/manipulations s’acquièrent quand le chat est tout jeune. Une fois parvenu à l’âge adulte, ces défauts sont difficiles à rattraper. Cela demande du temps et un traitement spécifique.

Si vous n’obtenez pas rapidement une amélioration dans le comportement du chat avec ces quelques mesures faciles à appliquer, il est préférable de consulter un vétérinaire comportementaliste qui mettra en place une thérapie comportementale, et éventuellement médicamenteuse. Pour diagnostiquer précisément le trouble dont souffre le chat, il est indispensable d’identifier les séquences d’agression et les signes précurseurs. La réalisation de vidéos (avec un téléphone portable par exemple) est souvent plus parlante qu’une description.

Aucun chat n’est identique en matière de comportement : le comportement manifesté par un chat A ne signifie pas forcément la même chose que le « même » comportement apparent manifesté par un chat B et une solution fonctionnant sur A ne fonctionnera pas forcément sur B.

Quelques mesures pour éviter les manifestations d’agressivité

  • Règle d’or n° 1 : savoir observer son chat et reconnaître les signes d’agressivité (pupilles dilatées, battements de queue). Contrairement au chien, un léger battement du bout de la queue est un signe d’énervement chez le chat !

 

  • Règle d’or n° 2 : ne jamais déranger un chat qui dort. Surpris, réveillé en sursaut, il risque de réagir très violemment.

 

  • Règle d’or n° 3 : savoir adapter la quantité de caresses au niveau de tolérance du chat.