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Croquettes et aliments industriels : le vrai du faux

L’alimentation en croquettes vise à répondre à 3 objectifs : être pratique, être équilibrée et être économique. Mais les fabricants de croquettes ont parfois sacrifié l’aspect qualité au profit de l’aspect économique.

De plus, le secteur du petfood fait l’objet de multiples publicités bien trop alléchantes, de reportages télévisés parfois mensongers, de nombreux posts souvent farfelus sur les réseaux sociaux, de moultes informations plus ou moins fondées sur les blog de passionnés d’animaux, de sorte qu’il est parfois difficile d’avoir une information scientifique objective. Essayons de démêler le vrai du faux.

En lisant l’étiquette, je sais tout de l’aliment : FAUX

Rien, sur l’étiquette n’indique comment est fabriqué l’aliment, or les températures de cuisson sont primordiales pour obtenir des croquettes de qualité :

  • Les sources d’amidon doivent être très cuites.
  • Les protéines animales doivent être cuites à basse température, pas plus de 60°C.
  • Les graisses doivent être incorporées à froid, à l’intérieur des croquettes pour ne pas s’oxyder.

Or certaines recettes pas chères, sont préparées, façon « cocotte-minute », en mélangeant tous les ingrédients, ce qui détruit fortement la valeur biologique des nutriments.

Seul votre vétérinaire peut vous garantir la qualité du process de fabrication des croquettes qu’il vous propose, car il s’en est informé auprès du  fabricant.

Un bon taux de protéines garantit la qualité des croquettes : FAUX

La composition analytique ne préjuge en rien de l’origine des protéines (animales ou végétales) ni de leur qualité biologique (apport en acides aminés essentiels).

Exemples :

  • La gélatine contient 90 % de protéines mais sa valeur biologique est nulle.
  • Le chien a besoin de 10 acides aminés essentiels et le chat, 11, dont la taurine qui n’existe que dans la viande animale : ils doivent recevoir à chaque repas l’ensemble de ces acides aminés pour pouvoir fabriquer les protéines nécessaires à leur corps, sinon ils seront en carence.

Seules la composition en ingrédients et la connaissance de la recette de fabrication permettent de connaître la qualité des protéines des croquettes.

Les céréales sont mauvaises pour les animaux : FAUX… mais…

Le chien a bénéficié au cours de son évolution de modifications génétiques en rapport avec sa domestication de sorte que le chien d’aujourd’hui est capable de digérer l’amidon s’il est bien cuit. Il le digère même à plus de 90 %, mieux que les protéines !

Certains chiens, pour des raisons médicales le tolèrent moins bien, il faudra les réduire dans leur ration.

Le chat n’a pas suivi cette évolution de la domestication et il est plus sensible à une incorporation massive de céréales : il est cependant capable de digérer l’amidon bien cuit, avec un taux d’incorporation qui ne devrait pas dépasser les 20 %.

Donc, des céréales, pour les chiens, oui, mais cuites et en quantité limitée, et pour les chats, un peu moins.

Une appellation « sans céréales » est une garantie de qualité : FAUX

Cette appellation vise à duper le consommateur : il ne faut pas croire que l’appellation « sans céréales » signifie « sans amidon » (ou sucres complexes). En effet, la technologie de fabrication des croquettes nécessite de l’amidon, donc il y a forcément de l’amidon dans les croquettes.

Dans les croquettes « sans céréales », cet amidon est alors apporté par des pommes de terre, des patates douces, des légumineuses (pois, pois chiche…), du riz dans certains cas... Aucun élément scientifique ne permet de dire que l’amidon de pomme de terre est meilleur pour le Chien que celui de blé ou de riz.

Les céréales ou autres sources d’amidon apportent l’énergie nécessaire à la ration, mais leur part doit être raisonnable. En revanche, nos animaux ne digèrent pas les céréales si elles ne sont pas bien cuites. Aussi, les croquettes « sans céréales » peuvent contenir une part trop importante d’amidon si les pommes de terre sont incorporées en quantité trop importante.

Note : Il ne faut pas confondre « sans céréales » et « sans gluten ».

La mode du « sans gluten » humain, par réelle nécessité médicale pour les personnes atteintes de maladie caeliaque, ou par conviction alimentaire, tend à s’étendre à nos animaux de compagnie.

Seules de rares lignées de chien (essentiellement dans la race Setter) est atteinte d’intolérance vraie au gluten ; elle n’a pas été décrite chez le chat. Aucun élément scientifique ne permet de valider la nécessité d’un aliment sans gluten chez nos carnivores.

En fait, en terme d’incorporation de céréales, tout est question de prix : quand on prépare une assiette « steak frites » ou « steak pâtes », ce qui coûte cher, c’est le steak ! Les fabricants de croquettes ont tendance à augmenter la proportion des céréales ou des sources d’amidon, peu onéreuses, pour des raisons budgétaires.

Une appellation « sans céréales » n’est pas une garantie de qualité.

Les céréales induisent le diabète : FAUX

20 années d’études scientifiques ont montré que l’incorporation des céréales dans l’alimentation des carnivores domestiques (dans la mesure où leur part est raisonnable) n’induit pas de diabète.

En revanche, surtout chez le chat, le diabète est provoqué par l’obésité. Cette obésité est due au défaut de rationnement de la part des propriétaires : il ne faut pas croire qu’un animal se rationne tout seul avec des croquettes. Il faut mesurer quotidiennement la quantité de croquettes distribuées sous peine de créer une obésité chez son animal.

La satiété (« je n’ai plus faim ») est atteinte :

  • Par le volume de la ration : or, en croquettes, le volume est obtenu avec l’eau qui va être bue (à la manière des flocons de pomme de terre auxquels on ajoute de l’eau et du lait pour faire de la purée) : si on laisse le chien manger, il va se remplir l’estomac de croquettes, sans laisser la place pour l’eau.
  • Par la quantité de protéines ingérées : ce sont les protéines qui véhiculent le message de la satiété au cerveau ; les croquettes pauvres en protéines indiqueront moins vite au cerveau qu’il faut s’arrêter de manger.

Donc il faut mesurer tous les jours la quantité de croquettes à donner à son animal, à répartir en 2 repas chez le chien adulte et en plusieurs petits repas chez le chat stérilisé.

Les cendres c’est mauvais : FAUX… mais…

Les cendres correspondent à la dernière étape de la détermination de la composition analytique : elles renferment les minéraux.

Donc, ce n’est pas mauvais, mais il ne faut pas qu’il y en ait trop (ce qui signifierait qu’il y a beaucoup de carcasse dans les matières premières).

Les croquettes BIO c’est bien : OUI bien sûr… mais…

Vouloir apporter une alimentation issue de l’agriculture biologique est louable. Ceci a un coût supplémentaire, mais les adeptes du BIO sont prêts à ce sacrifice financier.

MAIS encore une fois, les fabricants tentent de vous duper :

  • Les marchés de la croquette BIO sont encore confidentiels et les compositions sont de qualité très inégale.
  • Certaines croquettes BIO ne comportent que quelques éléments de la recette BIO.
  • Certaines croquettes BIO ne sont pas des aliments complets, mais des aliments complémentaires : pour une ration équilibrée, il faut ajouter d’autres nutriments.
  • La diminution des additifs, ce qui est bien, conduit parfois à réduire les teneurs en acides gras essentiels, ce qui peut être préjudiciable.

Une bonne ration BIO est une ration ménagère équilibrée fabriquée avec des aliments BIO ou issus de la basse cour et du jardin potager, accompagnée d’un complément vitaminique et minéral incontournable !

Comment bien choisir ?

En terme de croquettes, comme dans beaucoup de domaines, tout est question de prix :

  • Les protéines animales coûtent chères mais sont indispensables à nos carnivores domestiques.
  • Les acides gras essentiels sont coûteux, surtout les omega 3, mais ils sont nécessaires à la bonne santé.
  • Les minéraux et les oligoéléments sont également incontournables et augmentent le prix des rations.

=> Une croquette pas chère aura nécessairement peu de protéines animales et peu d’éléments nutritionnels de qualité, de sorte que parfois, quand on examine les compositions on en vient presque à penser qu’elles sont presque trop chères pour ce qu’elles proposent !

DONC :

  • Optez pour un aliment PREMIUM et COMPLET : la qualité d’un aliment PREMIUM fait que la quantité journalière est plus faible (mieux digéré, moins de matières fécales) qu’un aliment standard, et finalement la différence de prix est moindre.

  • Mesurez quotidiennement la ration pour éviter l’obésité.

  • Votre vétérinaire est votre partenaire nutrition, demandez lui conseil.